Bagnoles Orne Experiences Video Serie Portrait Tuto Rencontre Pomme Cidre Terroir Artisanale Bagnolesdepom Gastronomie
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10 ans à faire pousser

À la Noé Plaine, tout commence par un détail qui ne trompe pas : Bagnoles de Pom’ n’est pas un décor. Ici, la mémoire sert de matière première. La boutique, c’est « un ancien fournil qui doit avoir à peu près 200 ans , restauré dans son intégralité. Et le comptoir ? C’est un ancien pétrin ». Ludovic Dubreuil aime ces clins d’œil : « quand on fait du pain, on travaille avec des ferments, comme nous avec le cidre ou le poiré ». Le ton est donné. On est chez quelqu’un qui fabrique, qui assemble, qui laisse le temps faire son travail.

Rencontre avec Bagnoles de Pom'

Ce temps-là, Ludovic le compte au plus près : « ça fait dix ans depuis 2016, qu’on est parti de rien et qu’il a fallu tout inventer sur place ». Tout d’abord il y a eu la création de la marque, puis l’aménagement de la boutique, du chai … et accepter que « les travaux se soient étalés sur pas mal d’années et que, forcément, ce n’est pas fini, on a encore des choses à faire ».

Une décennie d’opportunités, et une montée en puissance

Ludovic ne vend pas un conte de fées rural. Il parle plutôt d’une trajectoire faite de rencontres, de patience, et d’occasions saisies au bon moment. « On a réussi à acquérir des terres et des bâtiments à la Noé Plaine sur Bagnoles de l’Orne, qui ont permis de développer l’activité », résume-t-il, comme si c’était simple. En réalité, ça se mesure en hectares.

au départ, on avait 4 hectares uniquement, aujourd’hui, en 2026 on a 16 hectares.

Pomme, poire et la précision du geste

« Bagnoles de Pom’ c’est des produits de la pomme et de la poire », insiste Ludovic, parce que le duo raconte mieux le territoire qu’un produit unique.

L’exploitation cidricole déroule une gamme large, mais jamais décorative : cidre, jus, vinaigre, calvados, pommeau, gelée … et même une logique d’assemblage sur les jus qui sonne presque comme une note de dégustation : « on a une gamme de 4 jus de fruits, dont trois recettes où on assemble le jus de pommes avec des jus de fruits rouges ». Avec pour objectif simple de garder « les arômes de la pomme tout en trouvant un équilibre entre l’acidité et le sucré ».

En chiffres, la production tourne autour de 20 000 bouteilles à l’année, « ce qui n’est pas énorme en soi », précise-t-il, comme pour rappeler qu’ici « on est loin de l’usine ». La moitié de cette production est quasiment constituée par les jus de fruits. Une évidence aujourd’hui, mais pas hier : « il y a 20 ou 30 ans, les jus n’étaient pas très développés dans les exploitations cidricoles ».
Derrière la gamme de ses produits, Ludovic raconte une filière qui s’est remise à niveau : « autrefois, le cidre ou le poiré étaient des sous-produits de la production laitière, souvent négligés. On ne les mettait même pas en bouteille, c’est ce que l’on appellait le « cidre au tonneau ». Aujourd’hui, depuis 30 ans, il y a eu un travail énorme sur la qualité ».

La signature de Bagnoles de Pom’, c’est la méthode : « on est très attaché à la prise de mousse naturelle », cette deuxième fermentation dans la bouteille « qui change tout au verre ». Et sa boussole, ce sont les appellations : « les appellations, c’est le territoire, des savoir-faire, un ancrage ». Il le répète: « c’est pour ça qu’on est vraiment attachés aux appellations, comme AOP Poiré Domfront ».

La poire comme histoire à raconter et à fêter

Dans cette décennie, la poire prend une place à part, « une place maintenant même très importante chez nous ». Ludovic annonce d’ailleurs son souhait de créer un événement cette année autour de la poire et de l’Appellation d’Origine Protégée « Poiré Domfront ». « En effet, l’aire géographique de l’AOP c’est tout récemment étendue à Bagnoles et plus précisément le quartier historique de Tessé la Madeleine ». Encore quelques démarches administratives mais il insiste : « c’est une évolution excitante et très importante pour Bagnoles de Pom’ ».
Et puis il y a les produits « chers » au sens affectif. Le calvados, par exemple: « il y a un côté … sentimental ». Cette année, la ferme a « sorti le premier calvados produit en 2016. Un millésime anniversaire, avec du caractère et tout en rondeur ». Et là, on comprend ce que signifie 10 ans. Ce n’est pas juste une date, c’est un goût qui arrive à maturité.

Un domaine qui s’ouvre : échange, accueil, culture et engagement

Bagnoles de Pom’ n’a pas choisi le repli productiviste. Ludovic le dit simplement : « on a une volonté d’ouverture vers l’extérieur, d’échange, et même des échanges sur notre métier avec d’autres producteurs du coin ». Cette ouverture prend une forme très concrète : montrer son métier.

La ferme accueille des clients et des visiteurs. C’est pensé « grand » mais sans prétention. « On a tout dimensionné au départ pour pouvoir recevoir des bus, c’est-à-dire des groupes jusqu’à une cinquantaine de personnes ». Ludovic parle d’accessibilité et pas juste pour cocher une case. Des cheminements pensés pour les personnes à mobilité réduite, du plain-pied partout et aussi un espace qui permet d’organiser des visites et des dégustations. Il le dit : « c’est quelque chose qu’on veut vraiment développer ».

Et puis il y a le verger qui devient scène. Bagnoles de Pom’ est liée à l’association Simple Square, qui porte le festival 61 Degrés. « Trois éditions ont déjà eu lieu dans les vergers, sur la ferme, tout près de la cidrerie ». 2026 marque une pause pour l’événement mais qui revient en 2027 avec « la même envie et la même énergie ».

Quand on l’interroge sur l’engagement, Ludovic ne joue pas au bingo des labels. Il préfère définir. « Tout d’abord, on est en agriculture biologique », dit-il simplement avant de compléter aussitôt « biologique, il faut bien préciser ce que ça veut dire. Sa version est nette : « pas de produits de synthèse donc pas d’engrais chimiques ni de pesticides ». Puis il coupe court : « ça se résume à ça, il ne faut pas extrapoler ».

Le durable, à Bagnoles de Pom’, passe aussi par la coopération. « Avec la CUMA (Coopérative d’Utilisation du Matériel Agricole), on travaille en collectif, on investit ensemble, c’est indispensable ». Le durable passe aussi par l’économie ou la gestion de l’énergie de l’exploitation au quotidien. « on résiste à climatiser la cave de vieillissement ». Il pourraient installer un groupe pour refroidir le bâtiment, mais il a « plutôt pris le parti de bien isoler la cave et de la positionner efficacement se passer d’une consommation d’électricité inutile ».

Enfin, il y a le chantier qui va changer la logistique : aujourd’hui le pressage est dans la Manche, à Saint Hilaire du Harcouët. « C’est un peu contraignant et il y a beaucoup de transports ». Donc l’ambition est simple et lourde. Investir pour que la réception des fruits, le lavage, le tri et le pressage puissent se faire ici à Bagnoles de l’Orne. Une autonomie qui s’inscrit dans la même logique que tout le reste : faire mieux, en rapprochant les gestes du lieu.


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Rencontre avec un producteur cidricole

Bienvenue à Bagnoles de Pom’, paradis des pommiers et des moutons !
Les Jujus vous emmènent au cœur des vergers de cette ferme cidricole menée en agriculture biologique, à la rencontre de Ludovic. Producteurs engagés et attachés aux traditions ancestrales, Ludovic et son associée Marie-Hélène cultivent avec passion toutes les facettes de la pomme pour le plus grand plaisir de nos papilles.

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