Domfront : un coup de cœur, un opportunité … et une première aventure
2017, une opportunité tombe : un établissement est à vendre. Il visite Domfront, regarde la ville et ressent le truc immédiatement. Le calme, la cité médiévale, la terrasse « quand il fait beau », et cette sensation rare quand tu arrives quelque part et que tu te dis : je peux vivre ici. Il reprend l’Échauguette et s’installe.
Ce premier lieu, c’est la base. Le quotidien. Le rythme. Un resto, c’est une machine : achats, mise en place, service, nettoyage, remise à zéro. Et dans une petite ville, ça veut aussi dire : connaître les gens, être identifié, se faire adopter. Mais très vite, un détail récurrent lui donne une idée. Beaucoup de clients sortent de leur repas en demandant : « Vous pouvez me mettre ça à emporter ? » Sauf que pendant le service, c’est compliqué. Tu n’as pas le temps, tu ne peux pas trancher correctement, emballer, gérer la caisse. Le besoin est là. Le format ne suit pas. Et c’est là que naît l’idée du deuxième lieu.
L’idée initiale de Il Dolcetto, ce n’est pas « ouvrir un truc en plus pour le plaisir d’ouvrir ». C’est répondre à un usage simple : permettre aux gens de repartir avec un bout d’Italie, sans parasiter le service du restaurant.
Au départ, Il Dolcetto est pensé comme une épicerie italienne : charcuteries, fromages, produits, petites choses qu’on ne trouve pas partout. Le prolongement naturel de la table. Une passerelle. Et puis, le projet prend une autre direction. Le vrai cœur du projet, ce sont les glaces. Il raconte un déclic très concret : des retours de stock par le fournisseur, se dire qu’il y a quelque chose à faire autrement, mieux, avec plus de maîtrise. Donc il commence. Il fait ses propres glaces. Et au bout d’un an, c’est devenu suffisamment carré pour transformer l’identité du lieu : l’épicerie devient progressivement glacier.
Ce que ça change, ce n’est pas juste la carte. C’est la logique économique et le futur : le restaurant te fixe sur place, avec une saisonnalité de fréquentation. La glace, elle, peut voyager : tu peux la vendre ailleurs, la distribuer, aller chercher d’autres points de vente. Il le dit sans détour : la glace lui permet de « développer ailleurs », d’aller vendre en extérieur.
Le Sicilien explique aussi la réalité : l’été, le snacking et le flux touristique font tourner la boutique. L’hiver, l’activité baisse, donc il faut être malin : faire sur commande, éviter la perte. Et au milieu, des produits qui servent de piliers : charcuteries, fromages, et des recettes qui accrochent vite, comme les arancini, cette spécialité sicilienne qui « marche très fort ».