Bagnoles Orne Bebagnoles Domfront Destination Printemps Domfrontais Poirier Pommier Vache
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Bagnoles Orne Bebagnoles Domfront Destination Printemps Domfrontais Poirier Pommier Vache

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Mylene Beslin

L'or blanc du bocage

Les trésors des produits laitiers

Dans le bocage, les haies dessinent le paysage, les vaches rythment les prairies et le lait devient un véritable art de vivre. Beurre, crème, yaourts ou fromages… ici, les produits laitiers racontent autant le territoire que celles et ceux qui le font vivre. Une invitation à découvrir des saveurs authentiques, entre fermes, ateliers et belles tables.

Un territoire où tout commence dans les prairies

Le bocage est bien plus qu’un décor. Ses haies protègent les pâturages, favorisent la biodiversité et permettent aux troupeaux de profiter d’une herbe abondante tout au long de l’année. Cette alimentation naturelle donne au lait toute sa richesse et contribue à la qualité des produits qui font aujourd’hui la réputation de la Normandie.

Sur le territoire, cette tradition se retrouve aussi bien dans les exploitations familiales que dans les grandes entreprises laitières.

Le lait, l’âme des produits du bocage

Ici, le lait n’est pas juste un ingrédient. C’est une matière vivante, façonnée par l’herbe, le temps, et ce bocage qui travaille en silence. Et il nourrit autant les petites fermes que les grandes maisons.
Côté industrie, Domfront joue dans une catégorie poids lourd : la fromagerie Lactalis (marque Président) collecte 500 millions de litres de lait par an dont 200 millions servent à la fabrication de fromages.

Côté ferme on revient au geste et au quotidien. La Bernudière à Tessé Froulay propose des fromages frais nature ou aux fruits, des yaourts, de la crème fraîche, le tout préparé artisanalement et à retrouver dans leur boutique à la ferme et sur les marchés.

Pour une touche plus originale, il y a Fleurs de Ferme (GAEC du Triskel à Juvigny Val d’Andaine) et leur fleur de lait. Une peau de lait remise au goût du jour, véritable ingrédient magique pour réussir de merveilleuses pâtisseries sans oublier leurs yaourts gourmands et fromages blancs.

Beurre et crème : la signature normande

La Ferme de Landegas (Rives d’Andaine, près de Bagnoles) et leurs 100 vaches laitières, pratique l’agro-écologie. Reconnue Exploitation de Haute Valeur Environnementale, la ferme place justement la crème au cœur de sa gamme : lait cru et pasteurisé, crème fraîche, fromage frais, faisselle, yaourts avec une ribambelle de parfums.

Pour une version gastronomique, impossible de passer à côté du Manoir du Lys et de son chef, Franck Quinton. Le chef étoilé, qui a fait des champignons sa signature, les décline bien-entendu dans sa cuisine mais de façon plus originale également dans son beurre. Les saveurs de sous-bois viennent sublimer les plats les plus raffinés ainsi que la tartine de pain la plus simple.

Des fromages qui ont du caractère

Dans le bocage, le fromage n’est pas un produit, c’est une habitude heureuse. Un geste quotidien, un goût qui raconte les prairies, les haies, les fermes et les saisons. Pour s’en convaincre, il suffit de mettre sur la même table trois caractères bien trempés, chacun à sa manière : un bleu tout en finesse du côté de Tinchebray ; le Carrouges, une pâte pressée cuite gourmandise rustique, et un chèvre frais lumineux né au creux des Gorges de Villiers.

Le Bleu de Saint-Jean, d’abord, a ce talent rare. Affirmer son identité sans prendre toute la place. On est bien sur un persillé, avec ce qu’il faut de personnalité, mais la bouche reste ronde, souple, presque beurrée. C’est le genre de bleu qui se laisse apprivoiser, et qui révèle autant de choses sur une simple tranche de pain de campagne que dans une assiette plus travaillée. Avec une poire, quelques noix, ou même une pomme du coin, il joue l’accord local sans effort, comme si tout avait été prévu pour lui.

À l’autre bout du spectre, le Carrouges apporte la profondeur. Fromage de vache à pâte pressée cuite, il a cette texture ferme et rassurante qui donne immédiatement envie de couper une dernière lamelle. Son goût s’installe, franc mais élégant, avec des notes qui s’arrondissent à mesure que l’affinage fait son travail. Il est aussi à l’aise en copeaux sur une salade qu’en cubes à l’apéritif, et il devient franchement irrésistible fondu dans un sandwich. Le Carrouges, c’est le fromage qui prouve qu’on n’a pas besoin de chichis pour faire sérieux et gourmand.

Et puis il y a le chèvre frais des Gorges de Villiers, le fromage des beaux jours, celui qui se mange avec la même évidence qu’une promenade au bord de l’eau. Tout est dans la fraîcheur. Une pâte tendre, une douceur lactée, parfois une pointe acidulée qui réveille le palais. Sur une tartine, il accepte tout. Un filet de miel, des herbes, un peu de sel, quelques radis croquants. Il fait partie de ces produits qui ne cherchent pas à impressionner, mais qui finissent toujours par gagner, parce qu’ils sont justes.

Trois fromages, trois façons de dire la même chose : ici, le terroir ne se contente pas d’être beau. Il se mange, et il se partage.